Carnet de voyage en Patagonie (1/3)

Écrit par Julien BRELLE le .

Contexte (“genèse” du voyage)

Comment en suis-je arrivé là, en somme? Tout a commencé l’été dernier, fin août. Pas loin d’un an de célibat et plus aucun projet de voyage digne de ce nom depuis… D’accord, c’est toujours plus facile de se lancer à 2, mais j’avais un grand besoin de me prouver que c’était aussi possible seul. Et tant qu’à faire, autant voir grand et en profiter pour réaliser un de mes rêves : partir à la découverte de l’extrémité australe du continent américain. Patagonie, Terre de Feu, des noms qui m’ont toujours attiré sans trop savoir pourquoi, sûrement cette réputation de terre du bout du monde, sauvage et encore épargnée par le tourisme de masse.

En plus, ce décor me semble coller à merveille à mon besoin de nouveau départ. A tout hasard, je tape donc « trek Patagonie » dans Google, et la magie opère : je tombe instantanément sur le site d’Ivan (qui vaut vraiment le détour, soit dit en passant). Heureuse coïncidence, il prépare de son côté un nouveau trek et propose ses services de guide/accompagnateur aux personnes qui seraient intéressées. La formule me plaît (6 personnes maximum, on reste dans le petit groupe) et les dates prévues achèvent de me convaincre : quoi de mieux pour quelqu’un d’aussi peu porté sur les célébrations d’anniversaire que de filer à l’autre bout du monde pour mes 30 ans ? L’occasion, aussi, de m’épargner un autre anniversaire la veille, bien triste. Je prends donc contact avec Ivan pour savoir si mon « profil » colle à son projet (après tout, je suis novice en camping et pas du tout marcheur, beaucoup plus habitué à pédaler !) ; il me rassure vite et me voilà embarqué dans l’aventure, un peu effrayé par la vitesse à laquelle tout s’est décidé, mais surtout enthousiasmé par ce projet. Par la suite, les événements donneront encore une autre signification à ce voyage, placé comme une bouée de sauvetage dans un morne début d’année. Avec le recul, je suis vraiment très heureux d’avoir fait cette démarche l’an passé. Une seule envie aujourd’hui : remettre ça au plus vite ! Ivan, à quand les déserts du Chili et de Bolivie?

 

Prologue (Madrid, 7 février 2011)

C’est donc là que tout commence pour de bon… Enfin pour moi, puisque mes 5 compagnons d’aventure, tous Français, se sont retrouvés au départ de Paris. Arrivé à la porte du vol pour Buenos Aires bien en avance, je repère le petit groupe (surtout Ivan, d’après la photo vue sur skype). Breton vivant à Paris où il exerce le métier d’informaticien, c’est lui qui nous servira de guide, en fin connaisseur de la région (il a exercé le métier de guide pendant une saison, lors de son passage en Amérique du Sud il y a 15 ans, et y est retourné plusieurs fois depuis). Les autres participants sont Mathieu (prof de maths) et Florence (contrôleuse aérienne), un couple de niçois exilés à Brest et en voyage de noces pour l’occasion (l’une de leur mission au cours du séjour consistera d’ailleurs à rédiger un nombre impressionnant de cartes postales de remerciement !). Ce sont des experts en trekking vu qu’ils ont déjà parcouru à peu près toute la planète avec leurs sacs sur le dos (j’exagère à peine). On retrouve aussi Frédéric, dont personne n’a pu cerner le vrai métier (tantôt spécialiste de la purification de l’eau, puis des systèmes de chauffage, responsable qualité ou manager à ses heures perdues), mais qui semble quand même faire partie du même groupe international qu’Ivan (mais ils ne travaillent pas sur les mêmes sites) et qui vit dans une région étrange où on rencontre des branleurs de dindons et des spécialistes de la confiture de groseille épépinées à la plume d’oie (une poignée de main offerte à celui qui trouve la région dont on parle). Enfin, David, infirmier indépendant, qui arrive de Perpignan avec suffisamment de matériel pour soigner une armée entière, et ce ne sera pas de trop… Tout comme Fred, il a abandonné femme et enfants pour entreprendre le voyage.

Pour cette première rencontre « en vrai » (après quelques discussions sur skype), nous échangeons quelques mots et des sourires un peu timides encore ; il faut le temps de faire connaissance, et il est aussi bien difficile de réaliser que le voyage commence… Nous prenons un repas tout simple et pas spécialement savoureux dans un self de l’aéroport, un peu désert et lugubre en ce lundi soir. Tout le monde semble attendre en silence le vrai début de l’aventure, et nous embarquons finalement pour un vol de nuit sans histoires jusqu’à Buenos Aires. A l’arrivée, juste le temps de récupérer les bagages et de sauter dans 2 taxis pour attraper le vol pour Ushuaia, le timing est serré ! Les règles élémentaires de la circulation semblent ne pas avoir cours ici, mais rien d’étonnant pour qui a déjà voyagé un peu, et au moins nous ne ratons pas notre vol ! Cette fois c’est parti pour de bon…

 

Ushuaia, 8 février 2011

{phocagallery view=category|categoryid=9|limitstart=0|limitcount=1|pluginlink=0|float=left|displayname=0|imageid=278}A notre arrivée, en milieu de journée, le temps est doux mais humide. Pas ou peu de pluie, mais les nuages gris sont bien présents pour ce premier contact. Rien de surprenant, le « mauvais » temps prévaut 300 jours par an à Ushuaia… Nous posons nos sacs dans l’auberge de jeunesse « Los Lupinos » (fleurs typiques de la région, on en voit partout) qui nous accueillera pour notre 1ère nuit et où nous laisserons le matériel superflu pour notre 1er trek. Nous changeons un peu d’argent et établissons notre premier contact avec la cuisine locale : la qualité de la viande n’est pas un mythe, on se régale ! En revanche, on s’apercevra avec le repas du soir que les pizzas sont à éviter absolument… Dans l’après-midi, nous faisons un petit tour en ville et achetons nos billets d’avion pour le transfert du samedi jusqu’à El Calafate (processus laborieux avec les antiques machines pour cartes de crédit). L’autre option qui s’offrait à nous, le bus, a vite été éliminée malgré son coût un peu plus faible : il faut compter environ 18h de trajet ! Difficile de se sentir vraiment « au bout du monde » dans cette ville de 70'000 habitants, avec ses magasins qui vendent du matériel de trekking à chaque coin de rue (aux prix de chez nous !), ses voitures et ses touristes… Le programme de notre 1er trek est de suivre le canal Beagle depuis l’Estancia Haberton jusqu’à Ushuaia. Durée estimée : 3,5 jours, pour un retour en ville le samedi matin. Nous faisons quelques courses au supermarché du coin pour les sandwichs du midi et les petits-déjeuners (les repas du soir seront composés des lyophilisés achetés par Ivan avant le départ). Une fois les sacs préparés, tout le monde au lit ; il faut être au départ du bus qui doit nous amener au début de notre marche à 8h00 demain matin.

 

Camino del Atlantico, 9 février 2011

{phocagallery view=category|categoryid=8|limitstart=0|limitcount=1|pluginlink=0|float=right|displayname=0|imageid=250}Après un copieux petit-déjeuner (pain délicieux, et confitures du même niveau, il faut en profiter !), nous arrivons quelques minutes en retard au départ du bus, qui est bien rempli : une fois les sacs chargés, on ne bouge plus ! Le trajet se passe sans histoire, tout juste peut-on apercevoir des arbres couchés en grand nombre, séquelles d’une tempête récente. Mais heureusement pour nous, rien de tel à l’horizon, la météo est au beau fixe ! Nous descendons finalement une quinzaine de kilomètres avant l’Estancia Haberton (la plus vieille ferme de la Terre de Feu, fondée par un révérend et sa femme à la fin du XIXème siècle ; le révérend écrira le 1er dictionnaire Yamana – Anglais, les Yamanas étant les Indiens de la région), devenue très touristique et dont l’entrée est donc payante. Ce n’est pas une grande perte, car à cet endroit le chemin est en fait une piste ; le sol assez dur ne ménagera pas nos pieds… A 9h30 nous commençons à marcher, sur un rythme tranquille (le fait d’avoir raccourci le trajet prévu nous laisse tout notre temps), en longeant le Canal Beagle. En face, on aperçoit Puerto Williams, qui dispute à Ushuaia le titre de ville la plus australe de la planète (les Chiliens ont envoyé dans cette garnison militaire des habitants, pour pouvoir damer le pion aux Argentins !). Nous ne rencontrons quasiment pas de trace d’implantations humaines sur notre trajet, mais à 12h30 nous débouchons sur une Estancia habitée par un couple. L’homme parle français, et pour cause : sa sœur habite Genève, près des Bastions ! Small World… Ils nous laissent gentiment nous installer dans leur jardin pour notre repas de midi, des sandwichs préparés de main de maître par Florence et Mathieu. On s’autorise même une petite sieste avant de repartir vers 14h. La chaleur est vraiment surprenante, on ne s’y attendait pas et c’est une bonne surprise ! De plus, le vent se fait à peine sentir, alors que la forme des arbres (complètement penchés dans le sens où le vent souffle habituellement, c’est impressionnant !) nous indique qu’il doit souvent être violent le long du canal. A 16h45, nous trouvons ce qui nous semble être l’endroit idéal pour installer nos tentes (camping sauvage, il n’y a rien de prévu pour les touristes sur le parcours, on est loin des sentiers battus dans les parcs nationaux). Il s’agit d’un ancien camp militaire à l’abandon, d’après les vestiges que l’on peut voir, mais pas seulement, à en juger par l’écriteau décrépi qui proclame « Cabaña del Castor » (pas très martial comme appellation !). Nous disposons d’un cours d’eau à proximité immédiate, d’une vue imprenable sur le canal, et d’une paix royale, tellement saisissante quand on est habitué à l’agitation quotidienne de nos sociétés… A 18h, le campement est installé, et il ne reste qu’à profiter de la douceur de la fin de journée : le soleil est encore haut dans le ciel, vu qu’il ne se couche qu’après 22h à cette époque de l’année (et se lève avant 6h !). Fred installe pour la première fois son hamac sous nos regards sceptiques, mais contrairement à nos attentes le poteau choisi tient le coup et ne s’effondre pas lorsqu’il grimpe dans la toile pour se reposer. La lumière est magnifique, le ciel dégagé, et ce silence assourdissant nous fait vraiment sentir, cette fois, que l’on est au bout du monde… Ce qui ne nous fait pas oublier pour autant nos estomacs, et à 19h nous buvons le thé en préparant le repas. Menu de ce 1er soir (100% lyophilisé) : soupe de courge et poulet tika ! Surpris en bien par la qualité, on a quand même l’impression de faire un vrai repas ! Après la vaisselle dans le cours d’eau et quelques dernières discussions, nous rejoignons pour la 1ère fois nos sacs de couchage à 22h, alors que le soleil ne s’est pas encore couché, lui…

 

Camino del Atlantico, 10 février 2011

{phocagallery view=category|categoryid=8|limitstart=0|limitcount=1|pluginlink=0|float=left|displayname=0|imageid=257}Réveil précoce, entre 6h30 et 7h00 selon les tentes. Il faut dire qu’il fait déjà jour et que la première journée de marche n’était pas très éprouvante. Aucune trace de fatigue, donc, et température suffisamment douce pour me motiver à faire un brin de toilette dans la rivière en contrebas. Bon, là pour le coup, l’eau est vraiment fraîche ! Mais ce n’est pas désagréable, au contraire, et après avoir fini on sent par contraste une chaleur dans tout le corps. Enfin l’effet ne dure pas éternellement non plus, et il faut quand même mettre la polaire pour ce petit-déjeuner matinal (consciencieux, nous avons même plié les tentes avant de manger !). Il se compose de céréales dans du lait chaud (Fred et moi découvrons avec dépit que du coup, elles ne croustillent pas…) et d’un petit pain tartiné avec du « dulce de lecce » (confiture de lait assez sucrée et très appréciée des Argentins), ainsi que de thé ou de café selon les goûts. Une fois fait le plein d’énergie, nous bouclons nos sacs et reprenons la route vers 8h30, déjà en t-shirts car la météo est toujours avec nous, il fait beau et chaud, avec juste ce qu’il faut de vent rafraîchissant. Fred et moi, en pleine discussion, avons pris quelques longueurs d’avance sur le reste du groupe et passons sans nous en rendre compte à côté de la première attraction de la journée… Heureusement nos compagnons nous appellent et nous faisons demi-tour pour constater qu’en effet, sur la plage un peu plus bas, se trouve un manchot ! Nous dégainons tous nos appareils en vitesse, persuadés qu’il faut immortaliser l’instant avant que l’animal nous repère et disparaisse. Mais à notre grande surprise, non seulement nous avons le temps de prendre des photos, mais en plus nous approchons sans cesse un peu plus sans provoquer de réaction du manchot. Nous en concluons qu’il doit être vieux et/ou malade pour se trouver ainsi isolé. Après avoir longuement mitraillé ce brave manchot roi sous toutes les coutures, et lui avoir trouvé un nom (« Jojo »), nous poursuivons jusqu’à la prochaine estancia sur notre route. Un peu avant d’y arriver, nous faisons une pause dans une jolie clairière ombragée. Il est 11h00 et les dernières estimations d’Ivan nous font penser que nous serons probablement à Ushuaia vendredi soir plutôt que samedi matin, si nous maintenons le rythme. Pendant que Florence, Mathieu et David profitent de la clairière, Fred, Ivan et moi longeons la rivière qui nous sépare de l’estancia pour chercher un point de franchissement. Rien d’évident ni d’aménagé, mais en jetant une grosse branche en travers et en s’aidant de bâtons pour stabiliser les appuis, nous passons sans encombre de l’autre côté. Vers 12h30, pause sandwichs, et sieste digestive dans la foulée… il faut dire que la douceur de l’air encourage fortement ce genre d’activité ! Lorsque nous reprenons notre marche à 14h, nous observons une évolution progressive du paysage : la pampa prend le pas sur les terrains plus boisés que nous avons traversés jusqu’ici, le vent forcit nettement et la température chute progressivement. La marche se prolonge car il nous faut atteindre la prochaine estancia ; en chemin, certaines rivières sont franchies pieds nus car la profondeur de l’eau ne permet pas de passer au sec. Contrairement à la veille, on sent la fatigue qui nous gagne, et nous sommes soulagés d’atteindre enfin notre but vers 18h00, alors que le temps se fait menaçant. Mais il reste un dernier obstacle de taille à franchir : une nouvelle rivière qui nous sépare de l’emplacement où nous pourrons installer les tentes. Après plusieurs minutes de vaines recherches, Mathieu finit par prendre l’initiative de traverser pieds nus, opération délicate car l’eau arrive aux genoux, le courant est fort et les pierres glissantes. Florence suit son exemple, puis c’est mon tour… Mais là c’est le « blackout » mental, une impulsion stupide me pousse à vouloir jeter mes chaussures par-dessus la rivière avant de traverser ; après tout, elle n’est pas si large… Sauf qu’au moment de lâcher la chaussure droite, première à entreprendre le vol que je pense sans encombre, un des crochets de laçage frotte ma main et transforme la trajectoire en une belle parabole qui termine sa course en plein milieu du cours d’eau ! Je vois avec horreur la chaussure partir à toute allure, portée par le courant, et c’est en maudissant la mauvaise connexion entre mes 2 neurones que je me précipite pieds nus dans l’eau pour essayer de la rattraper, pensant déjà qu’elle finira dans le canal et que je vais avoir du mal à rallier Ushuaia à cloche-pied… Je la perds de vue mais fort heureusement, David a suivi sa course et me signale qu’elle a disparu sous un amas de branches. En effet, elle est restée bloquée au fond et je peux m’en saisir. Evidemment elle est trempée, mais au moins j’ai encore 2 chaussures. Les moqueries de mes camarades peuvent commencer et me poursuivront avec régularité à chaque cours d’eau traversé ! Pendant ce temps, Fred s’est mué en ingénieur des ponts et chaussées pour construire un passage avec des branches, sous le regard plutôt admiratif du fermier de l’estancia. Une fois les tentes installées, nous mangeons rapidement notre soupe au fromage et le chili con carne, car il fait maintenant froid (surtout quand on a prolongé le temps passé pieds nus dans l’eau..). A 21h00, tout le monde est au chaud dans les sacs de couchage, alors qu’il tombe quelques gouttes et qu’un troupeau de vaches fait mine de vouloir passer par notre campement avant de faire demi-tour face aux obstacles inattendus qui se sont mis sur leur chemin habituel (excepté 2 veaux qui passent malgré tout, heureusement sans faire de dégâts).

 

Camino del Atlantico, 11 février 2011

{phocagallery view=category|categoryid=8|limitstart=0|limitcount=1|pluginlink=0|float=right|displayname=0|imageid=261}Réveil tôt, une nouvelle fois : à 7h00, tout le monde est sorti du sac de couchage. Quelques gouttes sont tombées pendant la nuit, et l’atmosphère s’est nettement rafraîchie. Du coup, c’est quand même moins agréable de prendre le petit-déjeuner, on ne traîne pas trop et à 9h00 tout est rangé dans les sacs, et nous nous mettons en route. Cette dernière portion du parcours se fait essentiellement en forêt, sur un sentier plutôt difficile à suivre (nous le perdons plusieurs fois et devons naviguer un peu au hasard pour le retrouver). Cette partie de cache-cache avec le chemin est divertissante, mais ne nous fait pas progresser très vite. Même quand il devient plus facile de s’orienter, la progression reste lente, car après la forêt c’est un maquis assez dense et bourré d’épines qui nous attend, sur un sol parfois très boueux. Alors que nous avons déjà bien progressé, nous atteignons une rivière bordée de hautes parois. Aucune autre option pour la franchir qu’un pont improvisé : un arbre a été abattu et couché entre les 2 rives, puis agrémenté de quelques cordes sommairement tendues. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ensemble n’inspire pas vraiment confiance… C’est d’ailleurs très visible sur le visage de Florence, très pâle et qui fait des efforts pour garder son calme. En bon guide, Ivan s’élance en premier et parvient sain et sauf de l’autre côté. Nous suivons tous, Florence sans son sac qu’Ivan est venu récupérer, et une fois passés nous avalons nos sandwichs, bien mérités après cette montée d’adrénaline ! Il est 12h15, l’air est toujours frais mais sans pluie. La pause est de courte durée, nous savons qu’il reste encore pas mal de chemin et le temps menace, nous repartons donc à 13h00. Le terrain est maintenant nettement plus dégagé, et agréable pour marcher car le sol est doux sous les pas. Malheureusement, la pluie finit par arriver, peu avant 15h. Nous nous équipons tous pour la pluie, même si le degré d’étanchéité de nos vêtements est assez variable (Fred découvre que sa veste se rapproche plus d’une éponge que d’une protection efficace…). On arrive ensuite sur la piste que les voitures empruntent lorsque les habitants d’Ushuaia viennent piqueniquer le weekend : c’est sans grand intérêt, et moins agréable pour marcher. Avec la pluie, le moral en prend un petit coup, en voyant la ville encore assez loin à l’horizon. Par chance, en rejoignant la grande route, nous pouvons attraper un bus qui nous ramène en ville en nous épargnant quelques kilomètres superflus. Quelle joie en arrivant vers 17h à notre hôtel ! Enfin une bonne douche, des habits propres, de vrais WC… Des petits riens qui sont beaucoup plus appréciés dans ces circonstances ! Après avoir donné quelques habits à laver pour le lendemain, nous nous promenons en ville et certains en profitent pour se régaler d’une petite glace avant le repas… Qui suit immédiatement après, bien apprécié après les lyophilisés et les sandwichs (on s’autorise aussi une bouteille de rouge). Pour le dessert, retour au marchand de glaces, il y a encore plein de parfums à tester ! Puis à minuit, tout le monde au lit, pour un repos bien mérité dans un vrai lit…

 

Ushuaia, 12 février 2011

{phocagallery view=category|categoryid=9|limitstart=0|limitcount=1|pluginlink=0|float=left|displayname=0|imageid=277}Lever « tardif », à 8h ! Aucune autre obligation pour la journée que de prendre l’avion pour El Calafate le soir. Après un solide petit-déjeuner, on prépare les sacs pour libérer les chambres à 10h. Ensuite, quartiers libres, chacun pouvant occuper la journée comme bon lui semble. Tandis que Florence et Mathieu prennent un bus pour aller visiter le parc à la sortie de la ville, Ivan part de son côté traîner un peu en ville et prendre quelques renseignements pour la suite du voyage. Fred, David et moi louons des VTT pour élargir notre rayon d’action. Nous découvrons ainsi le cimetière et quelques quartiers chics (on se croirait presque dans Wisteria Lane), même si David a tôt fait de décréter qu’avec toutes ces montées et descentes, c’est loin de la journée de repos planifiée ! A midi, nous nous régalons dans le restaurant « Volver », au décor indescriptible (accumulation d’objets hétéroclites assez incroyable) et à la cuisine raffinée (la pancarte à l’entrée, sans fausse modestie, annonce une « ceviche de puta madre », ça se passe de traduction !). Nous optons pour une paella (David), un saumon grillé (Fred) et des cannellonis au crabe (moi), et ressortons tous les 3 enchantés ! Nous visitons ensuite le musée de la Fin du Monde (surnom officiel de la ville), sobre mais avec quelques infos intéressantes, puis passons à l’écriture de cartes postales (dont on peut se demander si elles arriveront un jour, à en croire les échos que nous recevons des locaux...). A 17h30, c’est déjà l’heure du départ pour l’aéroport. On se rend compte à cette occasion que les horaires sont vraiment fournis à titre indicatif : notre avion décolle 30 minutes en avance, et le vol dure 1h au lieu des 1h40 annoncées… On ne va pas s’en plaindre, nous arrivons ainsi plus tôt à El Calafate. Le changement par rapport à Ushuaia est spectaculaire et visible depuis l’avion : le paysage est beaucoup plus désertique et fait penser à certains états américains avec ses montagnes « à la Lucky Luke ». Toute proportion gardée, El Calafate est un peu le Las Vegas local : une ville qui a poussé au milieu de nulle part, qui a depuis peu son casino, et qui accueille une foule de touristes au milieu des lumières des magasins et des restaurants. Notre hôtel est impeccable, un cran au-dessus de celui d’Ushuaia mais nous n’aurons pas le temps d’en profiter… Nous prenons le repas du soir dans un buffet à volonté, où les nerfs de David sont mis à rude épreuve : alors qu’il est déjà de mauvaise humeur suite à des problèmes de carte de crédit qui l’empêchent de retirer du liquide, il a de gros problèmes relationnels avec le responsable du grill (qui a une tête de serial killer en accord avec son énorme hachoir). Celui-ci se verra affubler d’un qualificatif sans équivoque : « grosso cogno » (une demande a été déposée pour une AOC), et David n’avalera pas grand-chose… De retour à l’hôtel, il faut encore préparer les sacs (ce qui implique de faire le tri des lyophilisés pour emporter juste ce qu’il faut pour notre prochain trek), et on se couche peu avant 1h du matin. Le réveil est programmé pour 6h15 afin de prendre le petit-déjeuner avant notre départ pour El Chalten, qui marquera le début du 2ème trek de notre voyage.