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Carnet de voyage en Patagonie (2/3)

Écrit par Julien BRELLE le .

El Calafate – El Chalten – Los Glaciares, dimanche 13 février 2011

Comme prévu, le réveil est très (trop) précoce, nous n’avons pas vraiment eu le temps de profiter de nos lits... Après le petit-déjeuner, nous montons dans le bus qui doit nous amener jusqu’à El Chalten, camp de base pour tous les randonneurs qui vont passer un ou plusieurs jours dans le parc “Los Glacieres”, qui abrite le célèbre Mont Fitz Roy. Le temps est magnifique et la route s’annonce belle. En effet, en chemin, nous découvrons des paysages désertiques battus par un vent violent, et parcourus par quelques animaux : des « guanacos » (lamas locaux) et des « choiques » (autruches miniatures).

Ici ou là, on repère aussi quelques habitations construites au milieu de nulle part ; encore une fois, on se demande qui peut bien habiter là. C’est certain, il faut aimer la solitude… Nous faisons étape en chemin à « La Leona », établissement historique de la région, construit en 1894 et qui aura vu, entre-autres, le passage de Butch Cassidy et de ses complices, en fuite vers le Chili après 2 braquages de banque au début du XXème siècle. Vers 11h30 nous arrivons à El Chalten, et malheureusement le temps n’a cessé de se dégrader pendant notre voyage, si bien qu’il fait gris et qu’il tombe quelques gouttes dans une atmosphère plutôt fraîche. Inquiet d’être insuffisamment équipé en vue des marches de nuit qui nous attendent, j’achète un bonnet en polaire dans un magasin : selon Florence, une proportion importante (au moins 50%, mais ensuite les avis divergent au sein de notre groupe sur le chiffre exact !) de la chaleur corporelle est perdue par la tête ; me voilà donc paré ! Nous faisons aussi quelques courses alimentaires pour le trek, en particulier pour les petits-déjeuners, avant de prendre le repas de midi dans une petite « confiteria ». Le choix y est limité mais la tarte aux légumes et les « empanadas » (chaussons à la viande ou aux légumes très répandus et vraiment délicieux) font très bien l’affaire. A une table voisine se trouve un Français qui voyage depuis quelques mois déjà en Amérique du Sud et nous avoue être en manque de retransmissions sportives. Il est venu spécialement pour la télévision qui trône au-dessus du comptoir, s’empare de la télécommande et trouve une chaîne qui diffuse… France-Irlande en rugby, match comptant pour le Tournoi des 6 Nations ! Nous suivons donc la 1ère mi-temps en avalant notre repas, puis rejoignons le bus qui doit nous amener au départ de notre marche de l’après-midi en nous évitant quelques kilomètres désagréables sur la piste empruntée par les véhicules de toute sorte. A la descente du bus, nous enfilons nos équipements de pluie et parcourons en 2 heures le chemin qui nous sépare du camping de « Piedra del Fraile », qui se situe sur une propriété privée ! En effet, ici comme dans d’autres parcs de la région, de larges étendues se trouvent en possession de particuliers et non de l’Etat, ce qui laisse la porte ouverte aux dérives et fait craindre un avenir très orienté vers le profit, sans considération pour les questions de préservation de la nature… A notre arrivée, nous entrons dans le petit chalet qui abrite l’accueil du camping, où nous payons nos emplacements et profitons du poêle pour nous réchauffer et nous faire sécher un peu. Un chat occupe les lieux et doit probablement passer ses journées devant le feu, à en juger par la température de son pelage ! Bien que la pluie ne donne aucune envie de sortir pour monter les tentes, nous devons finalement nous y résoudre et exécutons cette tâche aussi vite que possible, avant de revenir dans le bâtiment de l’accueil pour tuer le temps jusqu’au repas du soir. C’est par une mémorable partie de Pictionnary que nous occupons la fin d’après-midi, avec quelques beaux fous rires à la clé. Il faut dire que certains mimes totalement improbables font mouche en quelques secondes, toujours pour la plus grande surprise de l’équipe adverse ! Finalement, l’équipe Matthieu-Ivan-Julien emporte une victoire méritée… Il est ensuite temps de manger (heureusement au chaud, nous sommes autorisés à rester dans le bâtiment pour peu que la cuisine se fasse à l’extérieur) avant de regagner les tentes pour une nuit à durée variable : le petit « conseil de guerre » que nous avons tenu a débouché sur la décision que nous ne reprendrions la route que si la pluie se calmait ; dans le cas contraire, nous en profiterons pour dormir tant qu’il nous plaira car il nous faudra patienter sur place, en espérant pouvoir reprendre notre progression dès que possible…

 

Piedra del Fraile, lundi 14 février 2011

La météo n’est pas avec nous : la pluie a redoublé pendant la nuit, et c’est un réveil totalement surréaliste qui nous est offert… Comme convenu, en entendant la pluie tomber sur la toile de notre tente, nous avons traîné dans les sacs de couchage pour prolonger un peu notre nuit. Mais alors qu’il est presque 10h00, Ivan (mon « colocataire » dans la tente) m’appelle sur un ton qui m’alerte, me demandant de me redresser doucement avec une pointe d’incertitude dans la voix… Je m’exécute pour découvrir, horrifié, que mes 2 chaussures sont en train de flotter devant la porte de notre tente ! Décidément, elles semblent maudites pour tout ce qui a trait à l’élément liquide… Fort heureusement, elles sont restées droites et n’ont pas encore pris l’eau, si bien que je peux les récupérer encore sèches. En appuyant sur le sol de la tente, Ivan me montre que son doigt s’enfonce de quelques centimètres : nous sommes sur un véritable matelas d'eau, et le niveau monte vite, le temps presse ! L’eau a en effet quasiment atteint le seuil de la tente qui pour le moment nous protège encore de l’inondation. Avec des gestes aussi calmes que possible, pour ne pas faire de remous, nous évacuons nos affaires en les tendant à Fred et David, accourus à la rescousse en nous voyant ainsi assaillis par l’eau (de leur côté ils n’ont pas connu les mêmes ennuis, leur emplacement ayant été épargné, même s’ils déménagent aussi par précaution). Ensuite nous retirons les sardines qui tiennent la tente en place et la déplaçons en lieu sûr, avec pour tout dégâts quelques gouttes d’eau à l’intérieur… C’est presque un miracle car à quelques minutes près, tout était inondé ! Nous découvrons ensuite que Florence et Matthieu font face à une situation encore plus critique, puisque leur emplacement se trouve dans le prolongement du coude formé par la rivière qui borde le camping. Comme c’est précisément le débordement de cette rivière qui a provoqué l’inondation, ils se trouvent maintenant dans son cours ! On pourrait presque croire que leur tente est prête pour un peu de rafting, à condition de retirer les sardines plantées dans le sol… Moyennant quelques acrobaties, ils limitent tout de même les dégâts à quelques affaires mouillées. Après ces émotions et une fois le matériel mis à l’abri (en espérant qu’il pourra sécher malgré l’humidité de l’air), nous faisons le point sur la situation pendant le petit-déjeuner. Au vu de la météo, il est clair que l’aller-retour prévu à l’origine jusqu’au sommet surplombant le camping n’est plus d’actualité (on voit d’ailleurs dans cette zone que le petit ruisseau qui dévalait la montagne, hier à notre arrivée, est maintenant un énorme torrent…). Il n’est pas non plus envisageable de poursuivre vers le prochain camping, car nous risquerions de rencontrer des zones inondées et des rivières en crues difficiles à traverser. Nous décidons donc de passer la journée sur place en espérant une accalmie. Si elle se produit, nous partirons pour le camping « Poincenot » (environ 3 heures de marche), où nous dormirons avant une marche de nuit jusqu’au pied du Fitz Roy. Si la météo reste mauvaise, nous ne ferons pas halte au camping mais rentrerons jusqu’à El Chalten pour attendre. D’ici-là, il nous faut donc nous armer de patience pour la journée d’attente qui se profile (au moins nous sommes au sec dans le bâtiment de l’accueil). Après le repas de midi, la pluie a un peu diminué d’intensité, suffisamment pour nous permettre d’organiser une petite marche en longeant le fleuve. A 15h, nous remontons son cours jusqu’au Lago Electrico et son glacier. La marche nous réchauffe et est malgré tout agréable, sans sacs sur le dos et avec quelques acrobaties dans les pierriers, si bien que nous sommes plutôt de bonne humeur en regagnant le camping vers 17h15. Malheureusement l’accalmie ne dure pas et les prévisions des responsables du camping pour demain ne sont pas très optimistes. On espère quand même pouvoir atteindre Poincenot au sec pour planter les tentes, et avoir un ciel dégagé mercredi matin pour aller voir le lever du soleil sur le Fitz Roy. Après avoir pris le temps de nous sécher près du feu, nous mangeons et allons nous coucher en croisant les doigts pour l’amélioration météo tant espérée…

 

Piedra del Fraile - Poincenot, mardi 15 février 2011

Malgré une nuit encore largement passée à entendre les gouttes de pluie frapper la toile de la tente à chaque période d’éveil, nous découvrons au matin que nos prières ont été exaucées : la pluie a cessé, et on devine même un petit bout de ciel bleu à l’horizon. Ce n’est pas de trop pour nous donner un peu de courage, car l’air est vraiment très frais, le thermomètre incorporé dans la montre de Matthieu lui a indiqué une température de 8°C sous la tente au petit matin… Avec les nuages qui s’évacuent progressivement, quelques timides rayons de soleil font leur apparition ; notre humeur vire définitivement au beau fixe lorsqu’un groupe en route pour 5 jours de marche sur le glacier, et qui a donc pris soin de bien se renseigner sur la météo, nous indique que les prévisions sont bonnes pour les 4 ou 5 prochains jours ! C’est donc confiants que nous prenons notre petit-déjeuner, avant de nous lancer dans une séance « séchage de tentes » sportive : il nous faut tenir les toiles à bout de bras dans la prairie voisine, exposée au vent violent. Le procédé est très efficace et les dernières traces d’humidité sont vite éliminées. A 10h45, les sacs sont bouclés et nous pouvons nous mettre en route, profitant pleinement du beau temps retrouvé, qui a bien plus de saveur après avoir sérieusement redouté de passer tout notre trek sous la pluie… Nous progressons dans une forêt aérée pendant 2 heures jusqu’à arriver au bord d’un cours d’eau, près duquel nous stoppons pour le repas de midi. Cette rivière provient du glacier de « Piedras Blancas », situé un peu en amont et que nous pouvons déjà apercevoir si l’on s’éloigne un peu de la forêt. A 14h00, c’est justement vers ce glacier que nous nous dirigeons, après avoir déposé nos sacs à l’abri des regards, en bordure du chemin. En effet, cette excursion est un aller-retour en dehors du chemin qui doit nous emmener jusqu’au camping Poincenot, et il est donc inutile de transporter nos affaires, d’autant que le trajet demande un peu d’adresse pour passer de rocher en rocher (nous progressons en fait sur la moraine du glacier). Arrivés devant le lac glaciaire, nous passons de longs instants à contempler cette masse bleutée qui joue avec le soleil pour nous offrir de magnifiques couleurs, sans cesse changeantes. Ce glacier a beau être de dimensions relativement modestes, sa situation éloignée des sentiers battus et le cadre environnant contribuent à lui donner une aura magique, encore renforcée quand Ivan monte sur une énorme pierre : homme minuscule face au gigantisme de la nature, j’arrive à point nommé pour immortaliser l’instant d’une photo ! A 15h30, nous avons récupéré nos sacs et rejoins la route du campement, que nous atteignons vers 16h30. Pour la première fois, nous nous retrouvons dans la « foule », cet emplacement est en effet assez fréquenté et voir autant de tentes après avoir été systématiquement seuls, ou presque, a quelque chose de surprenant. Ignorant (involontairement, dans un premier temps !) les panneaux qui délimitent la zone de camping autorisé, nous installons nos tentes un peu à l’écart avant de venir nous asseoir sur la zone dégagée qui fait face au Fitz Roy. Le soleil n’a pas encore vraiment réussi à réchauffer l’atmosphère après la pluie des derniers jours, mais c’est suffisant pour admirer confortablement ses rayons sur le sommet du Fitz Roy, là-haut à 3’405m, où quelques nuages font encore de la résistance. Nous espérons qu’ils auront disparu demain matin, car nous avons prévu une marche de nuit pour aller observer le lever du soleil depuis le mirador qui se trouve au pied de la montagne (réveil planifié à 4h00). La température baisse en même temps que le soleil, d’autant qu’un vent frais souffle en continu, aussi nous ne tardons pas à préparer le repas. Pour ce repas d’anniversaire, je fête mes 30 ans avec un chili con carne qui manque un peu de goût ! Mais peu importe, car Fred m’offre, au nom de tout le groupe, le plus beau des cadeaux dans ces conditions : une barre de Toblérone ! 12 triangles à répartir en 6, le compte est vite fait : c’est peu, mais tellement appréciable… Le froid et la perspective d’un réveil avant l’aube nous pousse ensuite à rejoindre rapidement nos sacs de couchage, et à 20h00 je suis couché. C’est sûr, c’est très loin des énormes fêtes organisées généralement pour célébrer le passage d’une nouvelle dizaine, mais je suis pleinement conscient que chaque instant de cette journée est profondément ancré en moi, et que je m’en souviendrai sans effort pendant très longtemps… Je n'échangerais cette journée contre aucune autre façon de célébrer le cap de la trentaine!

 

Poincenot – De Agostini, mercredi 16 février 2011

Comme prévu, c’est à 4h00 que le réveil sonne et qu’Ivan entreprend de battre le rappel des troupes pour nous tirer du sac de couchage. Certains ont un peu plus de mal que d’autres à émerger, et c’est finalement à 4h30 que nous entamons notre première marche de nuit (après que David a pensé in extremis à son appareil photo, l’occasion d’un petit sprint dans le noir, toujours risqué…), bien évidemment équipés de nos lampes frontales (et en emportant de quoi prendre le petit-déjeuner au pied du Fitz Roy, si le temps s’y prête). N’ayant pas pris la peine de nous renseigner sur l’heure prévisible du lever de soleil, nous ne savons pas si cet horaire nous permettra d’être dans les temps au sommet, et Ivan attaque pied au plancher la montée extrêmement raide. Son rythme fait des dégâts et notre petit groupe se retrouve progressivement éparpillé sur le chemin, heureusement suffisamment bien balisé par des piquets pour que chacun puisse trouver sa route dans le noir. Fred et moi atteignons le mirador à 5h45, puis le reste du groupe nous rejoint. Premier constat : nous sommes très en avance, il fait encore nuit noire ! Deuxième constat : nous avons beaucoup transpiré, et le froid mordant (la glace présente sur les dernières portions du  parcours nous indique que la température doit être négative) ne tarde pas à faire des ravages. C’est donc gelés que nous attendons, malgré les tentatives louables de Fred pour nous divertir et nous réchauffer, avec par exemple une partie de pétanque improvisée en jetant des pierres sur d’autres pierres ! Avec le jour qui pointe lentement, c’est une mauvaise surprise qui nous attend : contrairement à ce que laissait espérer le ciel étoilé aperçu au départ, les nuages sont bien présents, autant autour du Fitz Roy que devant le soleil qui se lève. Résultat, le panorama n’est pas à la hauteur de nos espérances ni des cartes postales que l’on trouve jusqu’à Ushuaia, et après une brève attente « au cas où », nous finissons par accepter que cette première marche de nuit ne sera pas récompensée et entreprenons de redescendre (hors de question de déjeuner ici, il fait bien trop froid). Certains passages sont très glissants car les premières heures du jour, très froides, ont étendu les endroits gelés. Nous sommes plusieurs à chuter, heureusement jamais avec gravité. Au moins l’exercice nous réchauffe-t-il, et le petit déjeuner pris près de nos tentes achève le processus. A 10h00 nous quittons le camping, avec un changement de programme inattendu : Ivan, diminué depuis le début du voyage par un rhume carabiné qui refuse de passer, décide de retourner à El Chalten avec 24 heures d’avance pour se reposer et reprendre des forces. David l’accompagne car lui aussi éprouve le besoin de souffler. A 10h15, c’est donc l’heure de la séparation, nous laissons nos compagnons poursuivre vers la ville et empruntons le chemin qui mène au camping suivant, le « De Agostini », au pied du second sommet réputé du parc, le « Cerro Torre ». Cette fois le soleil parvient à faire monter la température, et c’est une marche très agréable qui nous est proposée, longeant 2 lacs avant de déboucher sur un chemin d’approche qui nous offre notre premier aperçu du Cerro Torre, aiguille bien plus fine que le Fitz Roy, et culminant environ 100m plus bas que ce dernier. Le contraste entre la neige qui couvre les reliefs et le bleu intense du ciel (parfaitement dégagé) est superbe, et j'ai immédiatement un coup de cœur pour le Cerro Torre qui me semble bien plus gracieux que le très massif Fitz Roy. Arrivés au camping vers 13h00, nous installons nos tentes avant de prendre un copieux repas, puisque nous sommes 2 de moins à table ! Nous profitons des douces températures du début d’après-midi car rien ne nous presse. Mais nous décidons tout de même de partir vers 15h30 pour une marche sans sacs à dos, destinée à reconnaître la montée qui mène au mirador du Cerro Torre. Nous accomplissons l’aller-retour sur la moraine en 2 heures et constatons que, si la vue sur le glacier depuis le mirador est superbe, le lever de soleil sur le Cerro Torre pourra tout à fait être admiré depuis le point de vue situé à 10 minutes du camping. Non seulement nous éviterons ainsi de nous lever trop tôt, mais en plus nous serons plus vite prêts au départ, car nous sommes attendus par Ivan et David à midi le lendemain. De retour au campement, Fred et moi profitons d’un autre effet bénéfique de l’absence de 2 membres du groupe : nous pouvons nous offrir un goûter composé de céréales dans du lait froid (et qui donc gardent tout leur croustillant !). Ensuite, pendant que Matthieu s’offre une petite sieste sous la tente, Florence, Fred et moi gagnons un emplacement en surplomb du camping, où un petit mur de pierre a été dressé pour servir de protection contre le vent (qui, en passant sur le glacier, se refroidit considérablement). Ainsi abrités, nous profitons du soleil en discutant; moment privilégié que ces quelques minutes de repos où nous pouvons profiter de la joie toute simple d’être dans ce lieu magnifique, si loin de chez nous… A 19h00 déjà nous préparons le repas du soir, et malgré les portions supplémentaires dues à notre nombre réduit, nous ne faisons pas de restes ! Comme la veille, nous allons nous coucher vers 20h00 : demain, c’est encore un réveil avant le lever du jour qui est programmé…

 

De Agostini – El Chalten – El Calafate, jeudi 17 février 2011

Forts de l’expérience du lever de soleil sur le Fitz Roy, et sachant que cette fois le lieu d’observation est tout proche du camping, nous nous levons plus tardivement que la veille, à 5h40. Je prends les devant avec Matthieu, puis Florence nous rejoint. Fred a décidé de dormir un peu plus et ira observer le spectacle depuis l’emplacement où nous avons profité du soleil hier en fin de journée. Il fait frais, mais ce n’est pas comparable au Fitz Roy, d’autant que cette fois nous n’avons pas eu une longue montée pour nous faire transpirer. Le Cerro Torre émerge seulement par intermittence des nuages qui l’entourent, mais le ciel est parfaitement clair à l’Est, et le résultat est grandiose : les premiers rayons illuminent les nuages et les colorent d’un rose pâle, qui devient de plus en plus intense au fil des minutes. Les teintes évoluent seconde après seconde pour virer ensuite à l’orange, c’est un véritable feu d’artifice ! Puis le jour se lève complètement et les couleurs disparaissent lorsque le ciel prend son bleu habituel. Nous revenons vers 7h30 au camping, ravis d’avoir été cette fois bien mieux récompensés de notre réveil matinal. Le petit-déjeuner et les préparatifs du départ son rapidement expédiés, à 8h20 nous prenons la route, bien en avance sur l’horaire (Ivan nous avait annoncé 3 heures de marche au maximum, et nous devons atteindre El Chalten avant midi). Sans trop nous presser, nous bouclons malgré tout le parcours en seulement 2h30, et nous nous installons donc dans un petit bistro pour boire un verre en attendant Ivan et David, qui nous rejoignent peu avant midi, bien reposés après une nuit dans un hôtel qui s’attire tous leurs compliments. Nous avalons en vitesse quelques empanadas et parts de tarte ou de pizza (accompagnées d'une bière locale au goût de miel, très agréable), puis montons dans le bus qui doit nous ramener à El Calafate. Nous arrivons à notre hôtel (le même que lors de notre premier passage dans la ville) à 16h30 et retrouvons avec délice la joie d’une bonne douche chaude… C’est aussi l’occasion de renouer un peu le contact avec le monde extérieur, en parcourant les dernières nouvelles sur internet : il semblerait que l’Afrique et le monde arabe s’embrasent… Internet offre aussi la possibilité d’échanger des nouvelles avec la France (et la Suisse pour moi), décidément, on n’est plus isolé nulle part, finalement… Nous organisons ensuite la suite du voyage : la visite au glacier Perito Moreno le lendemain, et le transfert vers le parc national de Torres del Paine au Chili dans 2 jours. Un petit tour à l’une des laveries de la ville pour déposer du linge sale, et nous nous rendons au hasard dans un restaurant, qui s’avère être une divine surprise ! Nous commandons 3 « mixed grill », prévus chacun pour 2 personnes. A l’arrivée, il n’y a probablement pas loin d'un kg de viande par personne : bœuf, porc, agneau et poulet. Après un régime composé exclusivement de lyophilisés, nous n’avons aucun problème pour tout engloutir, bien au contraire puisque nous sommes plusieurs à faire honneur aux très bons desserts de la carte… Même en rajoutant les boissons et les accompagnements (qui sont commandés séparément de la viande), l’addition ne dépasse pas 100 pesos par personne (environ 20CHF), dommage qu’on ne puisse pas importer ces tarifs chez nous ! Cette soirée de « retour à la civilisation » se passe dans une excellente ambiance, les discussions et les éclats de rire s’enchaînent sans temps morts au sein de notre petit groupe où aucune dissension n’est apparue, ce qui n’était pas acquis pour des personnes qui ne se connaissaient pas avant le départ. Nous ne voyons pas le temps passer et c’est donc à une heure exceptionnellement tardive (en comparaison avec nos habitudes durant le trekking) que nous regagnons notre hôtel : il est minuit passé !

 

Perito Moreno, vendredi 18 février 2011

C’est une journée « touristes » qui nous attend : la visite du glacier Perito Moreno, à 80 kilomètres de là, ne peut en effet se faire qu’en passant par les tours opérateurs. Réveil à 7h00, la première mission est de libérer les chambres, car un malentendu dans les réservations nous oblige à en prendre d’autres pour notre 2ème nuit (3 doubles au lieu d’une double et une quadruple). Puis nous prenons le petit-déjeuner avant de monter à 8h00 dans un gros bus rempli de touristes. Il s’agit toutefois d’un circuit « alternatif », qui emprunte pour rejoindre le glacier la route provinciale n°15, peu fréquentée. C’est l’occasion de voir quelques vieilles fermes (on y élève des chevaux et des moutons principalement) ainsi que des animaux sauvages : condors, « choiques » (autruches miniatures, de la famille des émeus et des kiwis) et guanacos (les petits lamas déjà aperçus plusieurs fois). Puis nous atteignons la presqu’île de Magellan, qui fait face au glacier, et commençons par une petite « mise en bouche » avec une marche qui dure un peu moins d’une heure, le long du Lago Argentino. Depuis la rive, nous découvrons cette énorme masse de glace selon son plus petit côté ; la distance ne permet pas encore vraiment de bien apprécier à quoi nous avons à faire. Mais c’est l’occasion pour notre guide (pas Ivan, cette fois !) de nous dire que ce glacier a la particularité d’être le seul au monde à ne pas reculer. Au contraire, il avance même certaines années, grâce à l’accumulation de neige à son sommet qui compense la fonte de glace sur le front du glacier. Nous remontons ensuite dans le bus pour gagner les passerelles aménagées sur la zone de la presqu’île qui fait face au glacier. Et là, quelle claque ! L’œil peine à vraiment appréhender ce qu’il découvre… Les chiffres qu’on nous donne semblent vides de sens : 5km de large, 15km de long, des parois qui surplombent l’eau de 60m (un immeuble de 22 étages), et s’enfoncent jusqu’au fond du lac, entre 120 et 160m plus bas (le glacier ne flotte pas)… Peu importe le point de vue, en se déplaçant sur les nombreuses passerelles on retrouve toujours le même sentiment : c’est vraiment gigantesque ! Et que dire du bruit que font les fragments de glace lorsqu’ils se détachent ? Un grondement sourd qui emplit l’air et ne donne qu’un minuscule aperçu de ce que peut constituer la rupture du pont de glace formé périodiquement (tous les 4 à 5 ans environ) entre le glacier et la presqu’île : lorsqu’il cède, ce sont des tonnes et des tonnes de glace qui tombent dans l’eau avec un terrible fracas. Le spectacle est hypnotique, on pourrait facilement se perdre des heures dans la contemplation du glacier, mais finalement nous regagnons la cafétéria des lieux pour un rapide repas avant de rejoindre le bus pour le rendez-vous de l’après-midi, fixé à 14h00. Nous sommes transportés jusqu’à l’embarcadère, où nous montons à bord d’un catamaran pour une heure de navigation devant le front du glacier. C’est la grande foule à bord, mais cela ne nous empêche pas de profiter pleinement du spectacle, très différent depuis ce point de vue : on prend mieux conscience de la hauteur des parois de glace, et on apprécie les nuances de bleu qui se multiplient sous nos yeux enthousiastes. L’heure de navigation file en un éclair, et c’est déjà le retour au bus pour le trajet jusqu’en ville… Cette fois nous empruntons la route principale, l’occasion de faire une petite sieste… Arrivés à El Calafate, nous nous occupons du gros ravitaillement qui doit nous permettre de tenir pour notre dernier trek, qui va durer une semaine. Après avoir manqué de douceurs lors des marches précédentes, nous faisons le plein de chocolat et autres sucreries (le « mantecol », préparation hyper calorique à base de beurre de cacahuète, entre autres). Il faut aussi prévoir le nécessaire pour les petits-déjeuners, le reste des repas étant composé uniquement de lyophilisés. Le programme du dernier trek, aussi chargé que nos sacs à dos, annonce une semaine éprouvante ! Il est en effet prévu d’accomplir la totalité du parcours, annoncée pour 9 jours de marche, en 6,5 jours, ce qui promet quelques grosses étapes. David et Fred envisagent de préparer ça en allant assister aux concerts organisés en ville pour célébrer le 134ème anniversaire du baptême du Lago Argentino (les Argentins ne reculent vraiment devant rien pour trouver des prétextes de faire la fête !), malgré les mises en garde d’Ivan quant au contenu de la semaine à venir. Ils renonceront finalement, après un repas simple dans un restaurant familial (formule pizza à volonté un peu surprenante mais appréciée par Matthieu, Ivan et Fred), il est en effet déjà tard et les sacs doivent encore être préparés. A 23h00, Ivan revient d’une visite dans la chambre de Fred et David, qui sont visiblement loin d’en avoir fini avec les préparatifs ! De notre côté, les sacs sont parés, et nous éteignons les lumières pour une très courte nuit, car demain le voyage vers le Chili nécessitera de se lever très tôt, à 5h00…

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